La sortie d’hospitalisation est souvent annoncée avec deux jours de préavis. Parfois moins. Et la question tombe : est-ce que le domicile est prêt ?
Dans la majorité des cas, non. Pas par négligence, simplement parce qu’un logement normal n’est pas conçu pour quelqu’un qui ne tient plus debout seul.
La chambre d’abord
Le lit médicalisé est l’équipement structurant. Hauteur variable, relevage du dossier, barrières, potence : ce n’est pas du confort, c’est ce qui permet à un aidant de faire une toilette ou un transfert sans se détruire le dos.
Il se loue plus souvent qu’il ne s’achète. La livraison et le montage prennent quelques jours, ce qui explique pourquoi la démarche se lance avant la sortie et pas après.
Avec lui vont le matelas de prévention d’escarres, adapté au niveau de risque, et les coussins de positionnement. Un talon ou un sacrum mal soulagés, ça s’abîme vite.
La salle de bain, la pièce la plus dangereuse
Sol mouillé, appuis inexistants, espace réduit. Les chutes s’y concentrent.
Ce qui change la donne : un siège de douche ou une planche de bain, un tapis antidérapant, des barres d’appui fixées dans le mur porteur et non collées à la faïence, un réhausseur de toilettes avec accoudoirs. Rien de spectaculaire, et pourtant c’est l’ensemble qui évite la fracture du col du fémur.
Se déplacer
Selon l’autonomie restante : canne simple, canne tripode, déambulateur à deux ou quatre roues avec assise et panier, fauteuil roulant manuel, fauteuil garde-robe pour les nuits difficiles.
Le choix se fait avec le kinésithérapeute ou l’ergothérapeute, pas au feeling. Un déambulateur mal réglé en hauteur, c’est une épaule qui lâche en trois semaines.
Le consommable qu’on oublie
Protections d’incontinence, alèses jetables ou lavables, gants, compresses, solution hydroalcoolique, pilulier hebdomadaire. Ce sont les postes qui reviennent chaque mois et qu’on découvre au fil de l’eau, souvent en urgence un dimanche soir.
Autant faire la liste dès le départ et commander en une fois.
Prescriptions et prise en charge
Une partie de ce matériel figure sur la liste des produits et prestations remboursables et nécessite une prescription médicale. Location ou achat, taux de prise en charge, complémentaire santé : les modalités varient selon l’équipement et la situation.
Le plus efficace reste de faire établir l’ordonnance avant la sortie par le médecin hospitalier, puis de la présenter à un prestataire ou à une pharmacie qui gère le matériel médical. Le service social de l’établissement peut aussi orienter vers les aides existantes.
Nos rayons dédiés : Hospitalisation à domicile et Orthopédie.
